La visibilité de la PEV handicapée

La politique européenne de voisinage est traitée d'une manière variée selon les pays de l'UE mais, pour la presse, elle manque dans tous les cas d'une approche de terrain.
Antoine Ajoury, L’Orient-Le Jour
On dit souvent que la Politique européenne de voisinage (PEV) a fait couler beaucoup d'encre. Si cela est peut-être vrai au sein des institutions européennes ou dans les administrations publiques des pays membres de l'UE, la presse européenne, elle, est beaucoup plus réticente à parler des relations qui lient l'Europe avec ses voisins, surtout avec les pays du sud de la Méditerranée.
«Les relations euro-méditerranéennes ne font pas l'objet d'un traitement uniforme dans la presse européenne. Elles sont évidemment beaucoup plus développées dans les pays européens du sud (France, Espagne, Italie, Portugal et Grèce) que dans les pays du nord et de l'est de l'Europe, dont l'attention se dirige vers d'autres problématiques et régions», affirme ainsi Florent Parmentier, chercheur au centre d'études européennes de Sciences-Po, à Paris. Lors d'un séminaire consacré aux journalistes euro-méditerranéens en 2006, Patrick Bèle, journaliste économique au quotidien français Le Figaro, estimait lui aussi que «le sujet est très peu discuté dans la presse européenne car il est beaucoup trop institutionnel».
Pour Sabine Verhest, journaliste au quotidien belge La Libre Belgique, l'état des lieux est plus nuancé. «La presse européenne est très diverse et la couverture espagnole de l'actualité euro-méditerranéenne est évidemment très différente de la couverture finlandaise. La presse belge pour sa part en parle peu, essentiellement en cas d'anniversaire (ex. les cinq ans du processus de Barcelone), en cas d'actualité à un échelon élevé (le sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée) ou d'actualité forte (les noyades de migrants en Méditerranée)», explique-t-elle.
L'opinion de Mario Margiocco, directeur adjoint du journal italien Il Sole-24 ore, confirme les remarques de sa collègue belge. Selon lui, «la PEV est régulièrement citée dans la presse de l'Italie, un pays méditerranéen, surtout si le sujet est économique, puisqu'il intéresse les entreprises italiennes».
Manque d'attrait
Le manque de visibilité de la PEV dans la presse de certains pays de l'UE est dû à plusieurs raisons. «Dans la presse belge, elle est peu visible pour une raison simple: la manière dont la Commission européenne la présente n'a rien d'attrayant, le processus est extraordinairement lent et les résultats n'ont jusqu'ici rien d'extraordinaire», explique Sabine Verhest. Selon Patrick Bèle, «la PEV peut être traitée dans la rubrique économique ou internationale. Or, le multilatéral est toujours difficile à placer». Le journaliste français estime que ce manque de visibilité «n'a pas pour cause un problème de source, mais un problème d'angle. On considère souvent que les accords conclus dans le cadre de la PEV ne sont pas des accords économiques, mais des accords d'aide au développement».
Pour sa part, M. Parmentier juge que «la PEV n'est sans doute pas très visible en dehors de quelques spécialistes parce que c'est un sujet de politique étrangère. En outre, le sigle même n'est pas très parlant. Les pays regroupés n'ont pour point commun que de se retrouver en dehors des frontières politiques de l'UE. En dehors de cela, si la Biélorussie et le Maroc présentent certaines similarités, il existe également de grandes différences. Les pays d'Europe centrale font leur possible pour séparer les «voisins européens» (Europe orientale) des «voisins de l'Europe» (les pays méditerranéens)».
Pour M. Parmentier comme pour le journaliste du Figaro, le caractère ambivalent des sujets traités dans le cadre de la politique européenne de voisinage a également un impact. «Même si la PEV a une dimension économique indéniable, c'est essentiellement dans les pages de politique étrangère que l'on retrouve les nouvelles la concernant», explique-t-il, ajoutant que «les articles concernent généralement les relations avec la Russie pour les pays de l'ancienne URSS et déplorent l'aide insuffisante de pays comme la Moldavie ou l'Ukraine. Pour la PEV envers les pays du Sud, ce sont davantage les questions de sécurité et d'immigration qui sont concernées».
| 43 millions d’euros Dans le cadre de son Programme d'action annuel, la Commission européenne a consacré un budget de 43 millions d'euros pour le Liban. Cette aide fait partie de l'Instrument européen de politique de voisinage. Le Programme d'action annuel apporte un soutien au Liban dans différents domaines, notamment les droits de l'homme et la démocratie, l'éducation et le déminage. Il assure également un soutien continu pour la mise en application de l'agenda libanais de réforme, et approuvé par la communauté internationale au cours de la conférence des donateurs qui s'est tenue à Paris en janvier 2007. |

A mon sens, je crois qu'il faut commencer par se poser la question suivante: s’agit-il d'un changement de noms ou de fond?! Depuis la politique européenne rénovée des années 90 jusqu’à l'UPM en passant par le processus de barcelone et la PEV , les noms ont beaucoup changé, néanmoins le fond qui réside dans la conception de la méditerranée comme un espace vassalisé reste toujours dans la conscience stratégique nordique qui trouve de la peine à '' maketer '' sa politique vis à vis du sud d'où le manque de visibilité de cette PEV.
Je pense que l'Union européenne fait beaucoup d'efforts pour aider le Liban. Hormis les 43 millions d'euros qui est une somme raisonnable, je félicite son aide apportée au Liban dans les opérations de déminages, car tout le monde sait ce que provoque une mine comme dommage physique et moral aux personnes, pour moi ceci n'a pas de prix. Bravo à vous.
On ne peut pas s'attendre à un consensus de la part des pays européens en ce qui concerne la PEV. Chaque pays européen agit selon ses propres intérêts à savoir les intérêts politique et économique. Si jamais ces pays trouveront un intérêt d'ordre économique dans un de ces pays du tiers monde, les choses vont changer à coup sûr. Le colonialisme et le mandat ont laissé ces pays dans un état de misère après avoir extrait leurs trésors et leurs biens. Désormais, leurs aides se concentrent sur quelques millions d'euros sans pour autant trouver une solution définitive.
Devrons-nous parler de la Politique de voisinage ou plutôt de celle de BON voisinage? A ce que je crois, ce manque d'attrait ou peut-être l'échec programmé de la PEV est le résultat de l'unilatéralité de la vision et des propositions à nul autre second. Au certain, il n'est pas compliqué de constater que les divergences de perceptions de la part de la presse témoignent de la confusion et la complexité de cette PEV. Est-elle la ligne de la politique étrangère de l'Europe? Dans ce cas, où est l'intérêt de l'accepter sans la moindre réserve ?! Ce qui est à retenir des débats émergents dans les différentes tribunes, c'est le fait que la PEV ne fait pas l'unanimité. Au sein de l'UE, on parle de tout ce soutien financier. Les pays de la Rive-Sud notamment perçoivent cette politique comme étant dans l'intérêt absolu des pays de l'Europe, étant donné que les volets pris en charge par la PEV ne traduisent nullement la réalité des aspirations de ces pays. Enfin, reste à dire que la PEV est méconnue, sinon complètement reléguée aux derniers des soucis des uns et autres.
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Patrick B. Renauld
Patrick B. Renauld, responsable de la Délégation Européenne Régionale en Jordanie.
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• Mercredi 10 février 2010 : Aide de l’UE à la Maison du Savon en Jordanie.
• Mercredi 17 février 2010 : Chlorophylle, une association pour la protection de l'environnement en Algérie, reçoit le support de l’UE.
• Mercredi 24 février 2010 : Haqi, une émission radio pour la promotion des droits de l’homme en Jordanie, financée par l’UE.
«Europa Jaratouna» est diffusée tous les mercredis à 18H45 et rediffusée tous les lundis à 14H40 (avant le journal de 15H).
• Sur LBC SAT (régional)
«Europa Jaratouna» est diffusée tous les vendredis à 19H00 (heure de Jordanie).
• Sur LBC Europe
«Europa Jaratouna» est diffusée tous les dimanches à 15H30 (heure de l’est)
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«Europa Jaratouna» est diffusée tous les jeudis à 17:30 (heure de l’est) / 14H30 (heure du pacifique) et rediffusée tous les samedis à 12H45 (heure de l’est) / 9H45 (heure du pacifique).
Tous les lundis, vous pouvez lire dans ce quotidien un reportage, un article ou une analyse autour du thème des relations euro-méditerranéennes, ou de la Politique européenne de voisinage. La série, qui a démarré le 27 avril 2009, comptera en tout 52 articles (sur 1 an).
Toutes les semaines (1 fois par semaine), les correspondants d'Al-Hayat dans 8 pays (Liban, Syrie, Jordanie, Territoires palestiniens, Egypte, Tunisie, Maroc, Algérie), vous donnent rendez-vous sur les pages du quotidien, pour exposer certaines des actions de l'UE dans ces pays : développement, soutien aux secteurs productifs, aides aux couches défavorisées, soutien à l'administration… ou encore à la démocratie.
Tous les mois, ce mensuel économique de langue française, publié au Liban, vous fournira une analyse et un reportage économique ou socio-économique sur un aspect des relations Euromed. La série a démarré avec le numéro daté mai 2009, sorti il y a quelques semaines, et s'étalera sur 1 an.
Le mercredi 24 juin a été lancé notre projet médiatique "Europa Jaratouna" qui a pour objectif de maximiser la visibilité de la Politique européenne de voisinage dans le bassin méditerranéen et des relations euro-méditerranéennes en général. Il sera mis en œuvre dans huit pays : Liban, Syrie, Jordanie, Territoires Palestiniens, Egypte, Maroc, Algérie, Tunisie.
Concours
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Vos réactions
Je pense que c’est une bonne idée de relier les deux rives de la Méditerranée et en particulier les peuples des deux rives qui sont liés par bien des choses et des intérêts communs. En tant que journaliste, je crois que Euronews a démontre son professionnalisme et sa capacité d'exceller.
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Le patrimoine architectural d'un pays est sa mémoire collective, le repère de sa civilisation, le témoignage qu'on doit léguer aux générations futurs, le préserver est primordiale, c'est même notre devoir, pour mieux avancer il faut connaitre ses origines, les habitudes, le vécu, la façon d'être et de vivre de nos ancêtres, en d'autres termes il faut connaitre son histoire qui forge l'esprit pour mieux se développer, pour ce faire je trouve que c'est une très bonne initiative qui a ét&eacut
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Le manque de visibilité de la PEV n'est pas dû au manque de politique communicationnelle de l'union européenne ou au manque de couverture médiatique de la part de la presse européenne ou même des pays de la rive sud de la Méditerranée, le problème est beaucoup plus complexe que ça. Le citoyen européen est présumé être le contribuable qui participe indirectement au financement des projet inscrits dans l'ordre du jour de la PEV, or il est le dernier à comprendre cette politique et à l'assimiler, c’est vrai que son caractère institutionnel et trop procédural sont des facteurs déterminants dans la consécration de cette illisibilité, néanmoins le message que l'UE veut faire passer peut être revêtu d'une certaine ambigüité, s'agit il d'un voisinage pour contrer l'élargissement vers l’Est? ou/et d’un partenariat pour faire face aux problèmes exportés par le sud, la vrai question et de savoir ce que veut l’Europe!!